Bonjour à tous
Je sais que je vous avais laissés sur une note d'incertitude, voire d'inquiétude, avant-hier ... je me dois donc de vous raconter comment la journée s'est passée pour JF et pour nous.
L'équipe médicale au grand complet (médecins, kiné, ergothérapeute, orthophoniste, diététicienne, surveillant et assistante sociale) nous a reçues, Françoise et moi, et le médecin nous a dressé le bilan de la premiere semaine de présence de Chouchou à Henry Gab.
Ca doit être une manie chez les médecins, il a commencé par ouvrir un grand parapluie (c'est une image ;-)) (cf. la cardio du 11 juin qui nous annoncé qu'il serait dans le coma x temps, cf le grand Pr Machin qui l'a opéré en nous disant qu'il y risquait sa vie ... ) en nous annonçant tout ce qui était "très grave" dans son accident ... ok, on le savait ... le trauma thoracique le trauma crânien, la fracture dorsale ... heureusement il a, au cours de son monologue, évolué vers des éléments de plus en plus positifs et rassurants ... bref, au final et en résumé, il nous a dit que
- tout paraplégique qui sortait d'Henry Gab était TOTALEMENT autonome (et même capable de vivre seul !)
- ce qui retarderait de 3 mois environ la rééduc. de Chouchou est son poignet, encore plâtré jusqu'à début août et qu'il devra rééduquer +++ pour pouvoir l'utiliser ensuite
- sa récupération neuro était très bonne et de bon pronostic mais qu'ils s'attacheraient à ne le laisser sortir que lorsqu'il serait à même de retravailler dans les MEMES fonctions (c.à.d. récupération = 100% et pas 99%) - ce qui devrait, simple feeling pour nous qui le voyons récupérer de jour en jour, ne pas poser de problème - mais que je trouve personnellement très bien de la part de l'équipe médicale ...
Ce que le médecin ignorait, c'est que je venais, juste avant la réunion, de dire à JF, sur sa demande, quel était le devenir de sa paralysie ... je ne lui ai pas menti. Il m'a demandé qui le savait, les enfants, la famille, le bureau ... Je lui ai dit que tous étaient au courant. Il a marqué une pause et a été silencieux un moment, puis a soupiré ... Après, je ne saurais pas vous raconter dans l'ordre tout ce qu'on s'est dit, mais il m'a dit qu'il s'en doutait depuis une dizaine de jours, que "ça pourrait être pire" (!) ... même si ça pouvait être mieux aussi ... qu'il avait de toutes façons encore plein de choses à vivre, qu'il ne déprimait pas parce que c'est qqchose qu'il ne "savait pas faire" (!) , et qu'il restait persuadé quoiqu'il en soit qu'il pourrait remarcher un jour ...
De fait le médecin, informé par moi de cette conversation, nous a proposé d'aller le voir avec nous tout de suite après et de lui répéter ce qu'il nous avait dit. J'ai aimé son calme, sa clarté, et sa façon de dire les choses : "Il se peut que vous ne remarchiez jamais" est plus doux à entendre que "C'est définitif".
Voilà, c'était hier. Aujourd'hui JF est à peu près pareil, calme mais surtout fatigué ... J'ai pu évoquer avec lui les travaux à faire dans la maison ... Il semble se faire à l'idée de son handicap d'une façon qui nous épate Françoise et moi, par son calme, son fatalisme sans déprime, son optimisme ... Ce n'est pas parce que c'est mon mari, mais que je suis fière de lui ! :-)))
Bon, il est sous antidépresseurs mais c'est bien le moindre à faire pour lui; et puis l'info ne lui a pas été assénée brutalement : il devait le savoir quelque part au fond de lui ...
Je ne sais pas si sa sérénité durera, honnêtement, je m'attends à ce qu'il craque, un jour, peut-être bientôt; mais pour le moment je suis soulagée de le voir si "sage" ... Pourvu que ça dure ...
A bientôt
Emma.
Je sais que je vous avais laissés sur une note d'incertitude, voire d'inquiétude, avant-hier ... je me dois donc de vous raconter comment la journée s'est passée pour JF et pour nous.
L'équipe médicale au grand complet (médecins, kiné, ergothérapeute, orthophoniste, diététicienne, surveillant et assistante sociale) nous a reçues, Françoise et moi, et le médecin nous a dressé le bilan de la premiere semaine de présence de Chouchou à Henry Gab.
Ca doit être une manie chez les médecins, il a commencé par ouvrir un grand parapluie (c'est une image ;-)) (cf. la cardio du 11 juin qui nous annoncé qu'il serait dans le coma x temps, cf le grand Pr Machin qui l'a opéré en nous disant qu'il y risquait sa vie ... ) en nous annonçant tout ce qui était "très grave" dans son accident ... ok, on le savait ... le trauma thoracique le trauma crânien, la fracture dorsale ... heureusement il a, au cours de son monologue, évolué vers des éléments de plus en plus positifs et rassurants ... bref, au final et en résumé, il nous a dit que
- tout paraplégique qui sortait d'Henry Gab était TOTALEMENT autonome (et même capable de vivre seul !)
- ce qui retarderait de 3 mois environ la rééduc. de Chouchou est son poignet, encore plâtré jusqu'à début août et qu'il devra rééduquer +++ pour pouvoir l'utiliser ensuite
- sa récupération neuro était très bonne et de bon pronostic mais qu'ils s'attacheraient à ne le laisser sortir que lorsqu'il serait à même de retravailler dans les MEMES fonctions (c.à.d. récupération = 100% et pas 99%) - ce qui devrait, simple feeling pour nous qui le voyons récupérer de jour en jour, ne pas poser de problème - mais que je trouve personnellement très bien de la part de l'équipe médicale ...
Ce que le médecin ignorait, c'est que je venais, juste avant la réunion, de dire à JF, sur sa demande, quel était le devenir de sa paralysie ... je ne lui ai pas menti. Il m'a demandé qui le savait, les enfants, la famille, le bureau ... Je lui ai dit que tous étaient au courant. Il a marqué une pause et a été silencieux un moment, puis a soupiré ... Après, je ne saurais pas vous raconter dans l'ordre tout ce qu'on s'est dit, mais il m'a dit qu'il s'en doutait depuis une dizaine de jours, que "ça pourrait être pire" (!) ... même si ça pouvait être mieux aussi ... qu'il avait de toutes façons encore plein de choses à vivre, qu'il ne déprimait pas parce que c'est qqchose qu'il ne "savait pas faire" (!) , et qu'il restait persuadé quoiqu'il en soit qu'il pourrait remarcher un jour ...
De fait le médecin, informé par moi de cette conversation, nous a proposé d'aller le voir avec nous tout de suite après et de lui répéter ce qu'il nous avait dit. J'ai aimé son calme, sa clarté, et sa façon de dire les choses : "Il se peut que vous ne remarchiez jamais" est plus doux à entendre que "C'est définitif".
Voilà, c'était hier. Aujourd'hui JF est à peu près pareil, calme mais surtout fatigué ... J'ai pu évoquer avec lui les travaux à faire dans la maison ... Il semble se faire à l'idée de son handicap d'une façon qui nous épate Françoise et moi, par son calme, son fatalisme sans déprime, son optimisme ... Ce n'est pas parce que c'est mon mari, mais que je suis fière de lui ! :-)))
Bon, il est sous antidépresseurs mais c'est bien le moindre à faire pour lui; et puis l'info ne lui a pas été assénée brutalement : il devait le savoir quelque part au fond de lui ...
Je ne sais pas si sa sérénité durera, honnêtement, je m'attends à ce qu'il craque, un jour, peut-être bientôt; mais pour le moment je suis soulagée de le voir si "sage" ... Pourvu que ça dure ...
A bientôt
Emma.



